– Présentation
Le prix franco-espagnol « Miguel Catalán – Paul Sabatier » est un prix bisannuel, créé en partenariat avec la Real Sociedad Española de Química. Il est remis en France à un chimiste espagnol chaque année paire, et en Espagne à un chimiste français chaque année impaire. L’octroi du prix, selon l’accord réciproque passé avec la RSEQ, est couplé avec la venue en France du lauréat espagnol pour trois conférences dont les titres et dates sont diffusés par les canaux habituels de la SCF.
Selon le souhait des lauréats, L’Actualité Chimique pourra publier une mise au point relative à leurs travaux récents.
Les candidatures doivent être présentées par une section régionale ou une division scientifique de la SCF.
– Le jury
Le jury est le même que pour les Grands Prix nationaux de la SCF. Il est constitué de sept personnalités internationalement reconnues, membres de la SCF, dont la liste est soumise à l’avis du conseil d’administration de la SCF. Le jury peut s’entourer d’avis extérieurs, essentiellement en provenance de l’étranger. Les critères habituels de sélection des dossiers et de classement des candidats par le jury sont communiqués au conseil d’administration.
– Modalités d’attribution
Le jury a à sa disposition la liste des prix attribués ces dix dernières années, avec le profil scientifique des lauréats. Chaque candidat fait l’objet d’un rapport qui doit mettre en lumière ses qualités scientifiques et son aptitude à recevoir ce Prix, dont une collaboration avérée avec des chimistes français ou des échanges avec la France est un des critères.
Ces rapports (2 pages au maximum) seront transmis au bureau de la SCF pour communication aux membres du conseil d’administration.
Le coordonnateur du jury présente ensuite un rapport global et une proposition de classement des candidats devant le conseil d’administration.
Le choix définitif est, autant que faire se peut, entériné de manière consensuelle après discussion en présence du coordonnateur du jury.
Si besoin est, un vote à bulletin secret est effectué à la majorité absolue des suffrages exprimés pour les deux premiers tours du scrutin.
Le jury doit par la suite fournir un court texte de justification concernant les lauréats pour diffusion externe.
– Communication des résultats
Peu après le conseil d’administration et que les lauréats aient été personnellement informés, les résultats sont annoncés sur le site Internet de la SCF et présentés dans L’Actualité Chimique accompagnés du texte de justification.
– Remise des Prix
La remise des Prix binationaux a lieu dans le cadre de la cérémonie solennelle des Grands Prix de la SCF, généralement au 2e trimestre de l’année suivante. Une mise au point sur les travaux récompensés peut être publiée dans L’Actualité Chimique après accord entre chaque récipiendaire et la rédaction de L’Actualité Chimique.
Jesus Jimenez Barbero
Jesus JIMENEZ BARBERO est Professeur au CIC bioGUNE, Chemical Glycobiology de l’Université de Bilbao, Espagne, qu’il a rejoint en 2014 après un début de carrière au CSIC à Madrid. Sa contribution scientifique peut être considérée comme un héritage sans équivalent à l’interface de la chimie, de la biologie structurale et des glycosciences.
Parmi ses travaux les plus remarquables, il y a incontestablement son rôle pionnier de l’utilisation de la RMN dans l’étude des interactions glucide-protéine en solution, avec dès 1995 la publication de la première structure tridimensionnelle d’un complexe glycane-lectine. Ses contributions méthodologiques en RMN ont également permis d’étudier les glycanes dans des systèmes biologiques complexes, y compris sur des cellules vivantes et dans des environnements natifs, ouvrant la voie à des avancées majeures en médecine et en biotechnologie, qui dépassent largement la cadre des glycosciences.
Au-delà de ses activités scientifiques, le Professeur Jiménez-Barbero joue un rôle essentiel dans la direction scientifique du CIC bioGUNE (obtention du label « Severo Ochoa Centre of Excellence »). Son rôle de Président de l’International Carbohydrate Organization a également contribué à renforcer la position de l’Europe comme leader mondial en glycoscience et comme Président de la Société Royale Espagnole de Chimie ( 2012-2018), il a renforcé fortement les collaborations franco-espagnoles.
Sa relation avec la France, commencée en 1986 lors de son séjour au CERMAV-CNRS à Grenoble, se poursuit dans le cadre d’une collaboration de près de quarante ans avec la communauté française de glycobiologie, qui a donné lieu à plusieurs séjours académiques en France et à plus de 75 publications co-signées avec des chercheurs français, incluant des avancées majeures. Il a également joué un rôle clé dans la formation de jeunes talents, co-encadrant des thèses en cotutelle, et accueillant plus de dix chercheurs français dans ses laboratoires. Membre du Conseil Scientifique de l’IECB à Bordeaux depuis 2022, il continue de renforcer les liens entre la France et l’Espagne. Avec plus de 700 publications (dont Nature Chemistry, JAC et Angewandte Chemie) et plus de 300 conférences invitées à travers le monde, le Pr. Jiménez-Barbero est l’un des scientifiques les mieux reconnus de sa discipline, comme en attestent ses nombreuses distinctions, dont le Prix International Whistler en Chimie des Glucides (2010), la Médaille d’Or de la Société Royale Espagnole de Chimie (2018), le Prix Humboldt (2024) et le Prix Surolia pour l’Excellence en Glycosciences (2025).
Feliu Maseras, Senior Researcher, Group Leader, Institute of Chemical Research of Catalonia (ICIQ), Tarragona (Catalonia, Spain)
Le Pr. Feliu Maseras est un chercheur en chimie théorique de premier plan, connu à la fois pour sa participation au développement de nouvelles approches et pour leurs applications à l’étude de la réactivité catalytique.
Durant son séjour post-doctoral avec le Pr. K. Morokuma au Japon de 1991 à 1993, il a développé la méthode ‘Integrated Molecular Orbital Molecular Mechanics’ (IMOMM) qui permet de coupler efficacement une approche quantique et une approche classique pour décrire un système complexe. Cette approche a ensuite été généralisée par le Pr. Morokuma et incluse dans le logiciel Gaussian (logiciel mondialement utilisé en chimie quantique) sous le nom de ONIOM (pour Our own N-layered Integrated molecular Orbital and molecular Mechanics). Cette approche a été directement utilisée par F. Maseras pour l’étude de mécanismes en catalyse homogène en considérant les véritables structures des catalyseurs expérimentaux : en effet, il n’était plus nécessaire de modéliser les substituants encombrants (tels que des tertio-butyles ou des aromatiques) par des atomes d’hydrogène puisqu’ils étaient décrits grâce à des méthodes moins précises mais très rapides. Outre le temps de calculs réduit, ces méthodes ont aussi permis de décomposer naturellement l’influence de ces substituants en leurs effets électroniques et stériques. Cette approche a modifié en profondeur la façon d’appréhender la réactivité chimique : ceci est illustré d’une part par le fait que l’article original (J. Comput. Chem. 1995 16, 1170) est cité plus de 1500 fois, d’autre part par le fait que cette approche est mentionnée dans le document scientifique de présentation du Prix Nobel de Chimie 2013 (attribué aux trois chercheurs ayant posé les bases de ces méthodes).
Feliu Maseras a largement collaboré avec des chercheurs français depuis 1996, notamment dans l’étude de mécanismes de réactions de catalyse homogène avec Odile Eisenstein, Michel Etienne, Pierre Dixneuf, Yves Jean ou Lionel Perrin avec qui il a co-publié un “guide” permettant une approche raisonnée des études mécanistiques théoriques. Il a étendu ses études à l’organocatalyse ou à la photocatalyse (avec ou sans métaux de transition). Au total, Feliu Maseras a publié plus de 300 articles et chapitres d’ouvrage dans des journaux de références tels que le JACS ou Angewandte Chemie.
Plus récemment, en collaboration avec d’autres groupes, Feliu Maseras s’est intéressé au double problème du « Big Data » et de la science ouverte. La solution qu’ils ont proposée est la plateforme ioChem-BD (www.iochem-bd.org, décrite dans J. Chem. Inf. Model. 2015, cité 380 fois) qui permet non seulement de stocker les fichiers de sortie de plusieurs logiciels de chimie quantique, mais aussi de visualiser de façon graphique les molécules et les propriétés calculées.
Outre ses nombreuses collaborations avec des chercheurs Français tout au long de sa riche carrière, Feliu Maseras a effectué un séjour post-doctoral avec Odile Eisenstein (1996-1998), ainsi qu’un séjour de quelques mois à Strasbourg en 2006. Sa maitrise de la langue française lui a permis de faire partie de jurys de thèse en France, mais aussi de comités d’évaluation de l’AERES (puis HCERES) de quatre laboratoires français entre 2008 et 2020.
Rosa Palacin
Rosa Palacin est Professeure à l’Institut de Ciència de Materials de Barcelone (ICMA), dont elle est Directrice adjointe depuis 2014. Elle est également Présidente de l’International Battery Association (IBA) depuis novembre 2021.
Ses travaux portent sur la chimie du solide et l’électrochimie appliquées à la technologie des batteries Li-ion, nickel-hydrure métallique (Ni-MH) et Na-ion.
Après un doctorat en chimie du solide dans le domaine des pérovskites supraconductrices, obtenu en Espagne, la carrière de Rosa Palacin a été entièrement axée sur les matériaux de batteries rechargeables, couvrant non seulement les technologies commerciales telles que le nickel- hydrure métallique (Ni-MH) ou le lithium-ion (Li-ion), mais également des domaines et concepts émergents tels que le sodium-ion ou les chimies multivalentes. Elle a grandement contribué à la réémergence du concept de batteries Na-ion en couvrant à la fois la recherche de nouveaux matériaux d’électrodes, l’optimisation de la formulation des électrolytes et des preuves de concept du bon comportement des « hard carbons » et assemblage de cellules complètes.
Son activité la plus récente est consacrée à l’obtention de la preuve de concept dans les technologies à base de métaux multivalents, principalement le Mg et le Ca. Dans ce contexte, sa contribution la plus marquante a consisté à démontrer la viabilité du calcium-métal en tant qu’anode métallique, ouvrant ainsi à terme la voie à une nouvelle technologie de batterie à haute énergie tout en garantissant la durabilité et le bas coût en raison de la nature abondante du Ca.
Rosa Palacín est une chercheuse mondialement reconnue dans la communauté et éminemment visionnaire dans son domaine d’activité. Elle a publié près de 150 articles dans des revues à comité de lecture, dont une importante proportion dans des revues prestigieuses, avec plus de 10 000 citations. Elle est de plus co-inventrice de 11 brevets. Ses collaborations avec les équipes françaises sont importantes et récurrentes avec notamment le Laboratoire de Réactivité et de Chimie du Solide à Amiens ou le Groupe Chimie du Solide et Energie au Collège de France. Elle a aussi dirigé le réseau Alistore-ERI sur les batteries Li-ion de 2010 à 2017 avec Patrice Simon, et fait toujours partie aujourd’hui des membres les plus actifs. Enfin, il faut noter qu’elle a été récipiendaire en 2021 de deux prix prestigieux décernés par l’International Battery Association (IBA) » et l’Electrochemical Society (ECS) ».
Luis M. Liz-Marzán
Le professeur Liz-Marzán est l’un des leaders mondiaux de la chimie physique des colloïdes appliquée à la nanoplasmonique. Après son doctorat à l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), Luis Liz-Marzán est nommé chercheur associé au Van’t Hoff Laboratory (Université d’Utrecht, Pays-Bas). Il rejoint le département de chimie physique à l’Université de Vigo (1995-2012), avant d’intégrer le CIC biomaGUNE (Saint-Sébastien, Esp.) comme directeur scientifique.
Son parcours
Il a été l’un des pionniers dans la synthèse colloïdale de nanoparticules métalliques, avec des contributions très pertinentes sur le contrôle de la morphologie, la chimie de surface et l’assemblage de ces nanoparticules. Les recherches effectuées dans son groupe ne se sont toutefois pas limitées aux aspects synthétiques, mais ont inclus une caractérisation morphologique et optique de pointe, l’application de méthodes théoriques pour modéliser la croissance et les propriétés optiques des particules, et finalement leur mise en oeuvre afin de concevoir des applications pour la détection ultrasensible et le diagnostic précoce de maladies. Sa première contribution majeure a été le développement d’une méthode de croissance de couches uniformes de silice sur des nanoparticules d’or ainsi que sur d’autres métaux et des semi-conducteurs. D’autres travaux pionniers portent sur le développement de nouvelles nanoparticules à morphologie contrôlée. En 2017, Luis Liz-Marzán et ses collègues ont démontré qu’un laser femtoseconde pouvait être utilisé pour obtenir des nanotiges d’or avec une monodispersité optique de près de 100 %. Il a également contribué de façon notable à l’assemblage dirigé de nanoparticules en utilisant des polyélectrolytes pour former des multicouches aussi bien sur des substrats plats que sur des colloïdes sphériques ou des nanotubes de carbone.
Au cours de la dernière décennie, Luis Liz-Marzán et son groupe ont travaillé à développer des applications, principalement pour la détection et les outils de diagnostic. Sur la base de sa recherche fondamentale, il a conçu de nouveaux capteurs pour l’identification spécifique de composés chimiques à des concentrations extrêmement faibles. Outre les nanomatériaux plasmoniques, il s’est également intéressé aux nanocristaux semi-conducteurs et magnétiques, ainsi qu’à la formation de matériaux nanostructurés luminescents et magnétiques. Ces nanoparticules peuvent trouver des applications dans divers domaines comme l’énergie solaire, le stockage d’information et la bioimagerie.
Ses travaux et distinctions
Ses travaux font de lui le chercheur espagnol le plus cité dans le domaine de la science des matériaux avec 500 publications dans des revues prestigieuses – Science, Nano Today, Materials Today, Nature Reviews Materials, ACS Nano… – (62 000 citations, facteur h : 117). Reconnu à l’international, il a donné plus de 400 conférences dans de nombreux congrès et séminaires. Il est Fellow de la Royal Society of Chemistry (R.-U.), de l’Optical Society (E.-U.), de l’Académie européenne des sciences, et membre élu de l’Académie royale des sciences exactes, physiques et naturelles espagnole. Ses travaux lui ont valu de nombreuses distinctions : Physical Chemistry Prize of Real Sociedad Española de Química (2009), Humboldt Research Award (2009), DuPont Science Award (2010), Medal of Real Sociedad Española de Química (2014), Blaise Pascal Medal in Materials Science of EURASC (2017), National Research Prize« Enrique Moles » in Chemical Science and Technology (2018),ERC Advanced Grant (2011 et 2018), Hermanos Elhuyar-Hans Goldschmidt Award of the German Chemical Society (2019).
Ses liens avec la France
Luis Liz-Marzán a tissé des relations très fortes avec la France, où il a collaboré avec l’ENS, l’Université Claude Bernard, ISIS Strasbourg, l’Université Paris-Diderot. Il a été professeur invité à l’École normale supérieure Paris-Saclay (2018-2019), conférencier invité au Collège de France (2019-2020) et a récemment été sollicité par le Collège de France pour une chaire de professeur invité (2020-2021).
Francisco Lloret Pastor
Le Prix franco-espagnol est décerné à Francisco Lloret Pastor pour ses travaux remarquables sur la synthèse et le design de complexes métalliques polynucléaires à propriétés magnétiques contrôlées, et pour son implication avec la communauté française.
Au début de sa carrière, Francisco Lloret Pastor est impliqué dans des travaux ayant trait à l’étude des complexes des métaux de transition en solution en mettant en œuvre les techniques classiques de potentiométrie et spectrophotométrie. C’est lors de son stage postdoctoral dans le laboratoire d’Olivier Kahn qu’il abandonne la chimie des solutions pour s’impliquer dans des projets axés essentiellement sur la chimie inorganique moléculaire à l’état solide. Il développe alors la chimie d’aimants moléculaires à l’état solide à partir de systèmes bimétalliques, et à son retour en Espagne en 1987, son projet est focalisé sur la synthèse raisonnée de matériaux magnétiques à partir de synthons moléculaires. Cette collaboration très fructueuse entre les instituts de Valence et d’Orsay, qui implique de nombreux chercheurs dans les communautés espagnoles et françaises, est à l’origine de la création d’équipes de recherche dans d’autres universités espagnoles dont l’activité était centrée sur le magnétisme moléculaire
Les nouveaux concepts et les nouvelles approches pour comprendre les propriétés magnétiques des complexes métalliques polynucléaires qu’il a développés durant 35 ans expliquent l’impact de ses travaux, qui lui ont valu de nombreux prix et une reconnaissance internationale (Prix national de recherche en chimie inorganique de la Real Sociedad Española de Química en 2005, élu membre de l’Academia Europaea et Docteur Honoris Causa de l’Université de Bucarest en 2014).
Auteur ou co-auteur de 550 publications dans des journaux d’audience internationale (près de 22 000 citations, indice h : 76), il est membre de nombreux conseils éditoriaux (Magnétochimie), de nombreuses commissions nationales espagnoles (Conseil d’administration du groupe Matériaux de la Société Royale de Chimie, expert et « Peer Reviewer » de l’Agence nationale d’évaluation et de prospective (ANEP, Secrétariat d’État à la Recherche)), du ministère de la Science et de l’Innovation, ainsi que de l’Agence pour l’évaluation de la qualité et de l’accréditation (ANECA, ministère de la Science et de l’Innovation).
Depuis son passage chez Olivier Kahn, Francisco Lloret Pastor a développé de nombreux et fructueux liens avec la communauté des chimistes français. Professeur invité, il a collaboré avec des centres de recherche (Paris Sud Orsay, UPMC, Universités de Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Lyon 1, Rennes 1, Angers…). Ces projets bilatéraux (six actions intégrées Picasso, projets INTAS), un laboratoire européen associé entre l’Institut de science moléculaire de l’Université de Valencia et l’Institut parisien de chimie moléculaire et un PICS CNRS ont conduit à plus de 90 publications communes dont une trentaine durant la dernière décennie.
Carmen Claver
Professeure en chimie inorganique à l’Université Rovira i Virgili de Tarragona, Carmen Claver a été formée par Luis Oro à Zarragoza et Philippe Kalck à Toulouse. Elle a acquis une double culture franco-espagnole et s’est très vite orientée vers la double thématique chimie de coordination/organométallique et catalyse. À la tête du groupe « Chimie organométallique et catalyse homogène » depuis 1987, elle s’intéresse aux métaux nobles, nouveaux ligands et mécanismes réactionnels pour orienter la sélectivité dans des réactions d’hydrogénation, carbonylation, couplage carbone-carbone et applications en pétrochimie et chimie fine. Plus récemment, elle s’est intéressée aux nanoparticules métalliques (Rh, Ru, Co) pour la transformation de ressources renouvelables et de CO2.
Elle est auteur ou co-auteur d’environ 270 articles, de cinq brevets et de nombreux chapitres d’ouvrages (facteur h de 45). Elle a donné des conférences invitées dans de nombreux pays et a coordonné 38 projets collaboratifs et 5 projets européens.
Carmen Claver a des relations privilégiées avec la France. Après un stage postdoctoral à Toulouse (1985-1987), elle a été « Visiting Professor » à l’Université de Caroline du Nord (1998), puis invitée comme professeur-visiteur à Dijon, Bordeaux et Toulouse et a obtenu une chaire d’excellence Pierre de Fermat de six mois en 2009, chaire qui lui a permis de nouer des contacts scientifiques avec de nombreux laboratoires français. Elle a participé au Conseil scientifique d’IFPEN puis siégé au Conseil scientifique du CNRS de 2010 à 2014.
Le Prix franco-espagnol lui est attribué pour ses découvertes remarquables en chimie organométallique, et pour ses coopérations actives avec des chimistes français et sa participation à la vie scientifique d’organismes français de la recherche.
Nazario Martin
Nazario Martin, 58 ans, est professeur catedratico à l’Université Complutense de Madrid
Nazario Martin a soutenu sa thèse à l’Université de Madrid en 1984, fait des séjours post-doctoraux à Tübingen et Santa Barbara et a été nommé professeur titulaire en 1989 à l’université de Computense.
Chimiste des arrangements nanostructurés du carbone : fullérènes, nanotubes de carbone et composés aromatiques il a innové en particulier dans la fonctionalisation énantiosélective des C60, par cycloadditions énantioselectives, la formation de polymères supramoléculaires contenant des fullérènes, les transferts d’électrons photoinduits dans les fullérènes, et la production de matériaux électroniques moléculaires et de systèmes photosynthétiques artificiels et les matériaux photovoltaïques.
À ce jour ses travaux ont donné lieu à 460 publications, 6 livres sur la chimie supramoléculaire des fullérènes et des nanotubes et de nombreux chapitres de livres. Son facteur h=55 avec 15000 citations.
Il a obtenu de nombreux prix : Dupont Award for science (2007), médaille d’or de la Société chimique espagnole (2013), A. v Humboldt (2013), Richard E. Smalley Award USA (2013). Il a obtenu une « ERC Advanced grant » en 2013.
Il a été président (2006-2012) de la Société Chimique Espagnole SRCE. Il a participé à la création d’un institut des nanosciences à Madrid et Il est ou a été dans le bureau éditorial d’un grand nombre de journaux : de Chem. Commun. Et ChemSusChem, … à Fullerenes …. Et Accounts of Chemical research.
Il a de nombreuses coopérations avec des chimistes français, notamment à Nancy, Angers et en particulier Strasbourg, qui se traduisent notamment par une thèse en co-tutelle (2013) (Strasbourg), 4 publications, 1 livre et 4 chapitres de livres en coopération.
La SCF lui décerne le prix Franco-Espagnol pour ses découvertes remarquables et sa renommée internationale dans le domaine des composés du carbone nanostructurés et les coopérations actives qu’il a établies avec des chimistes français.
Présenté par la division de Chimie de coordination
60 ans. Professeur à l’Université de Barcelone
Après un Master de chimie à l’Université de Barcelone en 1974, il obtient le grade de docteur en 1980 pour des travaux en collaboration avec Montpellier. Il est alors professeur associé à Barcelone, puis, en 1983-84, visiting professor à l’Université Cornell aux Etats-Unis, stage renouvelé de 2 mois en 1987, à l’Université de Caroline du Nord. La même année, il est nommé professeur de chimie inorganique à Barcelone. Depuis, il a effectué entre 1995 et 2008 plusieurs séjours comme visiting professor ou chercheur à l’UPMC et à l’Université d’ Antofagasta.
C’est un chimiste théoricien connu pour un programme de calcul sur les symétries (SHAPE) et les propriétés magnétiques, et les nouveaux concepts en chimie de coordination touchant aux polyèdres et les concepts de symétrie latente. C’est par ailleurs un promoteur de la culture scientifique par les conférences NoSIC, qu’il a créées, et par ses articles sur la chimie et l’art, notamment musical.
Ses travaux ont donné lieu à 280 publications, 8 576 Citations, plus de 80 conférences ou séminaires. Il a obtenu en 2003 le prix de la Real Sociedad de Química Española et le prix Solvay. Depuis 2005, il est Fellow de la Royal Society of Chemistry, membre de l’Académie Royale des Sciences en Espagne et de l’European Acadademy of Sciences. Il participe au comité éditorial des Dalton Transactions et est membre d’un groupe de travail de l’IUPAC. Il a et a eu de nombreuses relations avec des groupes français, notamment d’Angers, Bordeaux, Dijon, Lyon, Rennes, Toulouse… Plusieurs chercheurs français ont été doctorants dans son laboratoire. Très francophile, il aime la culture non seulement chimique mais aussi artistique française.
Le Prix Franco-Espagnol 2010 a été attribué à :
Carmen Najera, professeure de chimie organique à l’université d’Alicante (Espagne)
pour ses travaux originaux en chimie de synthèse et ses collaborations avec la communauté des organiciens français.
Candidature présentée par la division de chimie organique.
Après un Master de chimie en 1977 à Saragosse, Carmen Najera passe sa thèse à l’université d’Oviedo en 1979. Assistante à Oviedo dès 1982, elle est nommée professeure associée à Alicante en 1988, après plusieurs séjours de quelques mois à l’ETH de Zurich, à l’université d’Oxford, à l’université d’Harvard et à l’université d’Uppsala, de 1983 à 1987. En 1993, elle est nommée professeure de chimie organique à Alicante.
Ses thèmes sont ceux de la synthèse en chimie organique, partant de la chimie des sulfones, la synthèse asymétrique, les complexes chiraux et les réactions enantiosélectives.
Sa production scientifique est riche de près de 240 publications, elle a dirigé ou co-dirigé 29 thèses et est auteur de 4 brevets. On compte 100 conférences à son actif.
Elle a été directrice du département de chimie de l’université d’Alicante et y a fondé une start up, Medachemy.
En 2006, elle a obtenu le prix Rosalind Franklin lectureship de la RSC et, la même année, le prix Janssen Cilag de la Société royale de chimie espagnole. Elle a été visiting professor à l’Arizona University (1991), à l’université Bahia Blanca, en Argentine (1998), à l’université Louis Pasteur de Strasbourg (2002) et à l’ENSCP de Paris (2006).
Membre de plusieurs comités éditoriaux : European Journal of Organic Chemistry, Letter in Organic Chemistry, Synlett, Synthesis.
Elle a collaboré ou collabore encore avec nos collègues chimistes de Strasbourg et de l’ENSCP.
Miguel Julve Olcina pour ses très beaux travaux en chimie et magnétisme moléculaire et pour ses nombreuses collaborations avec la communauté française
Avelino Corma, pour ses contributions dans les domaines de la catalyse hétérogène et de la science des matériaux notamment poreux et des applications en
pétrochimie et chimie fine.
Ernesto Carmona, spécialiste de la chimie organométallique, très reconnu au niveau international, y compris hors de sa discipline comme le montre en particulier sa présence dans les comités éditoriaux de nombreuses «grandes» revues, a de nombreuses collaborations en France, en particulier au travers de réseaux européens. Ce n’est pas un hasard qu’il ait été choisi comme conférencier pour les célébrations du 70e anniversaire de la Maison de la Chimie (8 et 9 juillet 2004 à Paris).
José Luis Marco-Contelles (Institut de chimie organique du Conseil supérieur de recherche scientifique de Madrid), spécialiste de la chimie organique
