Jeudis de la Chimie du solide

 Les webinaires de la division de Chimie du Solide ont lieu tous les deuxièmes jeudis de chaque mois à 13h30.

Ces webinaires sont annoncés dans la Newsletter de la division qui est envoyée chaque mois aux affiliés de la division. Les informations nécessaires à la connexion peuvent être trouvées sur cette page web 24h à 48h avant le webinaire :

Alain Demourgues

Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux (ICMCB)

Jeudi 7 juillet 2022

Le fluor au cœur des composés à anions mixtes en chimie du solide

 

 

En élaborant des solides contenant plusieurs anions pour lesquels l’affinité électronique, l’électronégativité et la polarisabilité diffèrent, les interactions coulombiennes et de Van der Walls au sein d’un réseau de symétrie particulière vont contribuer dans une première approche, à modifier radicalement la distribution électronique dans le solide et la charge portée par ces anions. En associant des anions plus durs comme le fluor ou l’oxygène à des anions plus mous comme les chalcogènes (S, Se, Te), les pnictogènes (P, As, Sb) ou même les tétrèles (Si, Ge, Sn) des phénomènes de liaisons antagonistes ou des effets inductifs apparaissent respectivement au niveau de blocs ioniques et de blocs covalents [1]. Des transformations topotactiques peuvent également opérer au sein de ces réseaux qui présentent souvent un caractère bidimensionnel. La simple association oxygène-fluor obtenu à partir de synthèses hydrothermale ou solvothermale accompagnées d’un traitement thermique peut également donner lieu à des phases métastables qui présentent de surcroît des lacunes cationiques voire anioniques [2]. A partir de ces nouvelles compositions et édifices structuraux, la gestion des bandes de valence et de conduction au sein de ces composés polyanioniques représentent un enjeu majeur dans le domaine de l’électronique, de l’optique ou encore de la catalyse.

Ainsi la multiplication des éléments parmi les plus électronégatifs mais également polarisables au sein du réseau va permettre de générer des variations de charges partielles importantes autour de ces éléments qui s’accompagnent de façon étonnante d’une faible variation d’énergie propre à l’affinité électronique. Nous verrons ainsi comment la coexistence d’éléments plus ou moins électronégatifs comme le fluor, l’oxygène, le soufre ou l’hydrogène, de polarisabilité et de taille variable, va permettre par effets antagonistes ou concurrentiels d’accroître la densité d’états au niveau de Fermi. Des instabilités d’origine électronique apparaissent avec ces densités d’états très particulières de la matière où certaines orbitales deviendront particulièrement polarisables ou déformables. En scrutant divers composés à anions mixtes et leurs structures cristallines tels que des oxy-fluoro-sulfures, des fluoro-hydrures voire des fluoro-siliciures où vont coexister dans ce dernier cas des liaisons ioniques et des liaisons métalliques, des instabilités électroniques et/ou magnétiques peuvent apparaître et donner lieu le cas échéant à des phénomènes de supraconductivité [3].

[1] D. Pauwels, F. Weill F, A. Tressaud and Demourgues A. Rare earth oxyfluorosulfides : a new class of compounds with modulated structure. Chem. Mater., 18, 26, 6121-6131, 2006

[2] Duttine. M, Dambournet. D, Penin. N, Carlier. D, Bourgeaois. L, Wattiaux. A, Chapman. K. W, Chupas. P. J, Groult. H, Durand. E, Demourgues. A. Tailoring the composition of a mixed anion iron based fluoride compound: Evidence for anionic vacancy and electrochemical performance in lithium cells. Chem. Mater., 25 (14) 4190-4199, 2014

[3] J.B. Vaney, B. Vignolle, A. Demourgues, E. Gaudin, E. Durand, C. Labrugère, F. Bernardini, A. Cano and S. Tencé, Topotactic fluorination of intermetallics : a novel route towards quantum materials. Nature Commun., 13, 1462, 2022

ID de réunion : 824 0199 5067
Code secret :  356816

Précédents invités

 

 


 

Philippe Boullay

Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux (CRISMAT), Caen

Jeudi 9 juin 2022

3D ED : un puissant outil de caractérisation structurale pour la chimie du solide

La cristallographie des matériaux nanocristallins a connu une véritable révolution au cours des dix dernières années, grâce à l’introduction de protocoles d’acquisition (ADT, PEDT, cRED, microED …) et d’analyse des données de diffraction d’électrons en faisceau parallèle. Ces approches, réunies sous la dénomination générique 3D ED [1], permettent d’analyser des cristaux de taille nanométrique et d’obtenir des données de qualité permettant la détermination de la structure cristalline d’un nombre croissant de matériaux, à une échelle inaccessible par d’autres techniques. Après une introduction à la méthode, où nous expliciterons les différentes approches existantes, nous illustrerons quelques-unes des applications de la 3D ED pour différents types d’échantillons et de problématiques. A la fin de cette présentation, nous aborderons les limites de la 3D ED et les développements récents visant à rendre cet outil encore plus accessible et performant.

[1] M. Gemmi et al., “3D Electron Diffraction: The Nanocrystallography Revolution”, ACS Central Science 5 (2019) 1315-1329.

Lien vers la vidéo du webinaire : ici

 


 

 


 

 


 

Laurent Cario

Institut des Matériaux Jean Rouxel, Nantes

Jeudi 12 mai 2022

Une topochimie basée sur l’activité redox des anions dans des composés (oxy)chalcogénures

Les composés lamellaires de métaux de transition sont des matériaux très étudiés en raison de leurs propriétés électroniques et magnétiques non conventionnelles. Une recherche intense porte sur la conception raisonnée de ce type de matériaux en s’appuyant soit sur des techniques de prédiction structurale soit sur des techniques de chimie douce dites topochimiques. Les réactions topochimiques, qui permettent d’intercaler ou désintercaler des ions de matériaux hôtes tout en conservant leurs structures, constituent en effet l’une des méthodes les plus efficaces pour concevoir des matériaux lamellaires métastables. Au cours des dernières décennies, les réactions topochimiques reposant sur l’activité redox des cations ont été largement étudiées. A l’inverse les réactions topochimiques basées sur l’activité redox des anions ont été beaucoup moins explorées. Cet exposé donnera un aperçu des premières études démontrant l’activité redox des anions notamment chalcogénures. Il montrera ensuite comment l’intercalation topochimique basée sur l’activité redox des anions peut être utilisée pour concevoir des matériaux (oxy)chalcogénures lamellaires présentant des propriétés et/ou des fonctionnalités intéressantes.

 


 

 


 

 


 

Fabien Delpech

Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-objets, Toulouse

Jeudi 14 avril 2022

Les nanocristaux de phosphures métalliques : enjeux et défis pour des nanomatériaux plus durables

Grace à des propriétés optiques modulables avec la taille, les nanocristaux semi-conducteurs -NCx SC- sont passés en moins de deux décennies d’un statut de curiosités de laboratoire à celui d’outils thérapeutiques ou de briques élémentaires pour les affichages LED. Toutefois, les NCx SC utilisés dans de nombreux dispositifs se composent principalement d’éléments toxiques comme le cadmium ou le plomb. Au cours de ma présentation, je détaillerai les défis associés au développement des NCx d’InP qui focalise l’attention depuis une décennie en raison de la faible toxicité de ses éléments constitutifs. Les stratégies qui ont été mises en place au Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-Objets pour des synthèses maîtrisées et des propriétés optimisées seront présentées. Enfin, je décrirai les perspectives concernant de nouveaux phosphures métalliques pour la préparation de nanomatériaux plus respectueux de l’environnement..

 


 

 


 

Enric Canadell

Institut de Ciència de materials de Barcelona (CSIC), Bellaterra, Spain

Jeudi 10 mars 2022

Liaison chimique, instabilités et manipulation de la structure électronique dans les trichalcogénures de métaux de transition

Les chalcogénures des métaux de transition ont été étudiés pendant longtemps et certains d’entre eux sont à l’origine de la physique de basse dimensionnalité.  La possibilité de préparer des systèmes avec une, deux,……n-couches de ces matériaux de façon contrôlée a relancé l’interet pour ces systèmes. Néanmoins, même à l’état bulk il reste un considerable nombre de questions à explorer, comme par exemple le polymorphisme. Dans cette présentation on va considérer certaines de ces questions en soulignant la relation entre la structure crystalline et la structure électronique, ce qui permet non seulement de comprendre les observations experimentales mais aussi de suggérer la possible manipulation des propriétés. On va illustrer ces questions à l’aide de systèmes comme TaSe3, TiS3 et différents polymorphes de NbS3, aussi bien en bulk qu’en single-layer.

 


 

 


 

Gilles Wallez

Institut de Recherche de Chimie Paris

Jeudi 10 février 2022

Le blanc de plomb, signature physico-chimique de grands maîtres de la peinture

Pigment inégalé dans l’histoire de l’art, le blanc de plomb est un mélange à base de cérusite PbCO3 et d’hydrocérusite Pb3(CO3)2(OH)2, issus de la corrosion du plomb. L’analyse par microdiffraction synchrotron d’œuvres picturales de la Renaissance révèle cependant une étonnante diversité de formulations et de microstructures qu’une exploration physico-chimique du système PbO-CO2 permet de mieux comprendre. En mettant en regard l’œuvre et la re-création, cette approche tente de retrouver des procédés oubliés, véritables signatures des grands maîtres.

Initié en collaboration entre l’Institut de Recherche de Chimie-Paris et le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, ce programme a également impliqué plusieurs instituts et musées français et néerlandais.

Gilles Wallez est professeur de Sorbonne Université. Enseignant en Cristallographie et Chimie des Matériaux Inorganiques, il est responsable de l’équipe Physico-Chimie des Matériaux Témoins de l’Histoire de l’IRCP à Chimie ParisTech, en lien avec le C2RMF.

 


 

Céline Darie

Institut Néel, Grenoble

Jeudi 13 janvier 2022

 

 

Synthèses sous hautes pressions – hautes températures : vers la découverte de nouveaux oxydes. Exemples dans les domaines de la frustration magnétique et le multiferroïsme

Au cours des dernières décennies, la haute pression (> 1GPa) a été utilisée dans différents domaines de recherche allant des sciences de la terre à la physique des solides, la chimie et la science des matériaux. A l’Institut Néel de Grenoble, un parc instrumental unique et de pointe est dédié à la synthèse à l’état solide, à la croissance cristalline et à la caractérisation des matériaux dans des conditions extrêmes.

           Dans cette présentation, nous commencerons par une description de ces installations à haute pression (jusqu’à 15GPa) et à haute température (jusqu’à 1500°C), avec une extension aux développements récents.

           Dans une deuxième partie, nous présenterons deux études de synthèses HP-HT dans le domaine de la recherche de nouveaux matériaux pour des concepts modèles en physique. Le cas d’une nouvelle forme d’une phase liquide de spin Ba3NiSb2O9 obtenue sous haute pression-haute température sera présentée. Le deuxième exemple décrira la stabilisation de nouveaux composés dans la série NaLnCoWO6 (Ln = terres rares), une nouvelle classe de composés potentiellement multiferroïques. En effet, des concepts théoriques ont prédit la possibilité de générer de la ferroélectricité par la rotation des octaèdres d’oxygènes dans des structures dérivées de la structure pérovskite : c’est la « Ferroélectricité Hybride Impropre ».

 


 

 


 

Thierry Loiseau

Unité de Catalyse et Chimie du Solide (UCCS), Lille

Jeudi 2 décembre 2021

 

 

La chimie des matériaux de type Metal Organic Framework (MOF) et leur utilisation dans le domaine de l’énergie nucléaire

En deux décennies, le développement de la famille des matériaux microporeux de type Metal-Organic Framework (MOF) a connu un engouement considérable en raison de leurs innombrables applications dans des domaines aussi variés que l’adsorption et la séparation des gaz, la catalyse, médecine, etc. Ces solides cristallisés reposent sur des assemblages 3D bien définies, construits à partir de briques inorganiques reliés par des ligands organiques, délimitant un système de tunnels et/ou cavités, et pouvant offrir des porosités remarquables avec des surfaces spécifiques très élevées (jusqu’à 7000 m2.g-1).

Dans cette présentation, nous nous intéresserons au domaine particulier de l’énergie nucléaire et les potentialités offertes par les matériaux MOFs, pour leur utilisation dans ce champ d’application. Du point de vue de la nature des éléments métalliques, nous montrerons qu’il est possible d’étendre la famille des composés MOF à la dernière rangée du tableau périodique, constituée par les actinides (Th, U, …). Les propriétés des MOFs en tant qu’adsorbants, peuvent être mises à profit pour le piégeage des radionucléides, notamment ceux disséminés rapidement dans l’environnement, suite à un accident de réacteur nucléaire. Dans ce contexte, les espèces visées sont les molécules gazeuses des isotopes radioactifs de l’iode-131 ou du ruthénium-103/-106 (sous forme RuO4). L’emploi de composés MOFs modèles (par ex : UiO-66) est particulièrement efficace pour la capture de ces éléments volatils. Dans le cas de l’iode, nous montrerons l’importance de la fonctionnalisation du ligand organique espaceur et l’évolution chimique au sein de la matrice poreuse dans la famille des UiO-n. Le dernier aspect concernera les études de la résistance des solides MOFs dans les conditions drastiques d’un environnement nucléarisé, soumis à des irradiations intenses. L’effet du rayonnement gamma sur la structure des MOFs sera ainsi exploré.     


Mathieu Pasturel

Institut des Sciences Chimiques de Rennes

Jeudi 4 novembre 2021


 

Chimie exploratoire de nouveaux intermétalliques à l’uranium : de composés aux propriétés physiques exotiques à des matériaux pour le nucléaire

Plus lourd des éléments naturels, l’uranium possède des propriétés chimiques et physiques fascinantes.

D’un côté, ses 92 électrons et ses orbitales 5f lui permettent d’acquérir de nombreux états de valence et une chimie et une cristallochimie très riches. L’extension radiale assez prononcée de ces orbitales lui confère un caractère intermédiaire entre les métaux de transition et les terres rares, et les électrons 5f peuvent posséder un caractère dual et itinérant [1], donnant naissance à des phénomènes physiques exotiques tels que la coexistence de ferromagnétisme et de supraconductivité [2].

D’un autre côté, le caractère fissile de l’isotope 235 en fait l’élément de base de la filière nucléaire, tant pour la production d’énergie que de neutrons ou d’isotopes pour l’imagerie médicale.

Au cours de cette présentation, je montrerai comment nos axes de recherche sur les composés intermétalliques à base d’uranium à l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes s’articulent et se complètent. Nos travaux s’étendent de la recherche exploratoire de nouvelles phases jusqu’à la mise en forme de matériaux pour des applications dans le domaine du nucléaire (énergie et médical). À titre d’exemple, je montrerai comment l’étude de la réactivité de l’alliage combustible gU(Nb) avec sa matrice d’aluminium nous a conduit à la synthèse de monocristaux du composé magnétiquement frustré U6Nb4Al43 [3]. Sa structure est basée sur des atomes magnétiques d’uranium formant des doublets « isolés ». Elle s’inscrit entre des aluminures à atomes [4] et à triangles [5] d’U « isolés » et pourrait permettre de mieux comprendre l’effet de la dimensionnalité sur le comportement physique dans ces systèmes.

[1] G. Zwicknagl, P. Fulde, J. Phys.:Cond. Matter, 15 (2003) S1911.

[2] D. Aoki, K. Ishida et J. Flouquet, J. Phys. Soc. Jpn., 88 (2019) 022001 pour une revue.

[3] C. Moussa et al., J. Alloys Compd., 691 (2017) 893.

[4] R. Troć et al., Intermetallics, 107 (2019) 60 et références associées.

[5] R. Troć et al., Phys. Rev. B, 85 (2012) 064412.

 

Benjamin Abecassis

Laboratoire de Chimie, ENS de Lyon

Jeudi 7 octobre 2021

 

 

 

Les nanoplaquettes colloïdales sont des nanoparticules 2D recouvertes d’une monocouche de tensionactifs. Elles présentent des propriétés optiques originales en raison de leur épaisseur controlée à la couche atomique près. Je présenterai nos recherches récentes sur la synthèse et les mécanismes de formation de ces objets. Je montrerai également qu’il est possible de les assembler dans des structures supra-particulaires au sein desquelles des échanges de type FRET ont lieu. Enfin, je montrerai que ces plaquettes peuvent adopter différentes formes comme des cylindres ou des hélices et discuterai ce polymorphisme dans le cadre de la mécanique des plaques minces.

Valérie Keller

Institut de Chimie et des Procédés pour l’Energie, l’Environnement et la Santé (ICPEES), Strasbourg

Jeudi 2 septembre 2021

 

 

 

La photocatalyse hétérogène pour les carburants solaires et la dépollution : les enjeux et les verrous à surmonter

Bien que les propriétés de photoconversion de certains oxydes semi-conducteurs, comme TiO2, aient déjà été mis en évidence il y a plus de 4 décennies, certaines limitations ont restreint jusqu’à présent ce domaine d’étude à l’échelle du laboratoire, en raison des rendements encore trop limités qui ont freiné l’extension des procédés associés. Les deux challenges majeurs, afin de permettre à ces procédés de devenir viables, sont (i) l’augmentation du rendement de photoconversion, qui consiste à pouvoir utiliser de manière plus efficace les photons et (ii) l’utilisation directe de la lumière solaire, plus précisément des longueurs d’ondes du spectre visible. Pourtant, les avancés réalisées dans le domaine de la compréhension, de la caractérisation fine, du contrôle de la synthèse des nanomatériaux, ainsi que du génie des photo-réacteurs ont permis de surmonter certains de ces verrous pour arriver à des objets d’un niveau de maturation plus élevé, permettant d’envisager une intégration dans des dispositifs utilisés de manière efficace dans les domaines de l’énergie, de la santé et de l’environnement.

Ainsi, pour ce faire, parmi les principales stratégies mises en œuvre, nous pouvons relever :

  • le dopage (cationique, anionique, co-dopage) de semi-conducteurs à grande bande interdite,
  • la synthèse de semi-conducteurs à bande interdite plus faible,
  • le couplage intime entre semi-conducteurs, dont l’un possède une bande interdite faible (photosensibilisation dans le visible et formation d’hétérojonctions) pour une meilleure utilisation du spectre solaire et une meilleure séparation des charges,
  • le dépôt de nanoparticules (bi-)métalliques induisant des effets co-catalytiques et/ou plasmoniques de surface,
  • les différentes morphologies (1D, 2D, 3D) et assemblages de semi-conducteurs,
  • les améliorations de surface spécifique et de la porosité,
  • l’association avec des adsorbants
  • les combinaisons de ces différentes approches

Parmi ces différentes voies d’optimisation des matériaux photocatalytiques, quelques stratégies seront abordées et différents exemples seront donnés et discutés pour la production de carburants solaires (production d’H2, réduction du CO2), et pour la dépollution et décontamination de l’air et des surfaces.


Laurence Croguennec

Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux (ICMCB)

Jeudi 1er juillet 2021

 

 

 

Connaitre intimement le matériau développé pour optimiser ses propriétés à l’électrode positive de batteries Métal-ion

Après une introduction sur les recherches menées plus largement dans le groupe « Energie : Matériaux et Batteries » de l’ICMCB pour le développement de nouveaux matériaux pour le stockage électrochimique de l’énergie, nous montrerons à travers quelques exemples que les propriétés (potentiel redox, réversibilité, rapidité de charge et de décharge etc.) des matériaux d’électrode positives pour batteries peuvent être modulées en jouant notamment sur leur compositions anioniques et cationiques et sur leur structure cristalline. Nous illustrerons comment une approche de chimiste du solide permet de proposer des composés nouveaux, et d’identifier des mécanismes électrochimiques originaux afin de développer des matériaux optimisés pour les batteries. En effet, les réactions d’intercalation et de désintercalation d’ions (Li+, Na+, …) mises en jeu dans les générateurs électrochimiques ont le plus souvent lieu à des températures modérées, dans des conditions hors équilibre thermodynamique propices à l’obtention de phases métastables. La résolution de l’ensemble des problèmes inhérents au fonctionnement d’une électrode nécessite bien sûr la caractérisation fine du matériau initial qui, bien qu’étant absolument indispensable, ne constitue en fait que la première étape. En effet, lors des réactions d’intercalation / désintercalation, des modifications structurales, électroniques, texturales et de surface, parfois irréversibles, peuvent se produire et altérer les performances du matériau et donc du système électrochimique. L’intime connaissance de tous ces processus est essentielle à la compréhension et à l’optimisation d’un système et requiert notamment de développer des expériences aux grands instruments, in situ et/ou operando, en diffraction et spectroscopie d’absorption des rayons X et en diffraction des neutrons.

 


Jean Daou

Institut de Science des Matériaux de Mulhouse (IS2M)

Jeudi 3 juin 2021

 

 

Mise en Forme de Zéolithes pour le Piégeage de Composés Organiques Volatils

La contamination moléculaire en orbite est l’une des problématiques majeures rencontrée par les acteurs du domaine spatial.1 En effet, lorsque les satellites sont en orbite, les molécules organiques contenues dans les peintures, adhésifs ou encore les colles utilisés dans la conception des satellites peuvent dégazer et ainsi former des films ou des gouttelettes en se déposant sur les surfaces sensibles comme les instruments optiques et électroniques ou encore les surfaces de contrôle thermique ce qui a pour conséquence d’endommager ces équipements. Parmi les matériaux poreux testés pour l’adsorption de ces polluants organiques, les zéolithes se sont avérées être les plus efficaces de par leur capacité à piéger ces molécules présentes à de très faibles concentrations dans les conditions spatiales.2 La synthèse des zéolithes conduisant généralement à des poudres qui seraient elles-mêmes source de contamination particulaire, une mise en forme de ces zéolithes (films, pastilles, billes, peintures) est donc nécessaire.3-5 Nous avons montré en collaboration avec l’Agence spatiale française (CNES) que ces objets zéolithiques pouvaient être utilisés avec succès pour adsorber les composés organiques volatils dans les satellites, notamment avec une pastille de zéolithe piégeant les polluants au sein de l’instrument ChemCam embarqué sur le robot Curiosity envoyé sur la planète Mars (figure 1).3-5

 

1. J.L. Perry, NASA Technical Memorandum, 1995, 108497, 4-9.
2. I. Deroche, T.J. Daou, C. Picard, B. Coasne, Nature Communications, 2019, 10(1), 4642.
3. M. Diboune, H. Nouali, M. Soulard, J. Patarin, G. Rioland, D. Faye, T.J. Daou, Microporous Mesoporous Mater., 2020, 307, 110478.
4. G. Rioland, T.J. Daou, D. Faye, J. Patarin, Microporous Mesoporous Mater., 2016, 221, 167-174.
5- J. Patarin, T.J. Daou, G. Rioland, D. Faye, Porous zeolite-based materials as adsorbent for molecular decontamination, 2016, WO2016120407A1; FR3031915A1, 2017, EP3250318A1; 2018, FR3031915B1.

 



Danielle Laurencin

Institut Charles Gerhardt de Montpellier (ICGM)

 

6 mai 2021

 

L’oxygène… un élément dont on a encore beaucoup à apprendre

L’oxygène est présent dans la majorité des molécules et matériaux qui nous entourent. Afin de mieux comprendre la structure et réactivité de différents systèmes, il y a donc un réel intérêt à pouvoir sonder le voisinage local de cet élément, afin d’identifier les liaisons dans lesquelles il est impliqué.
La RMN de l’oxygène-17 apparaît naturellement comme la technique de choix. Cependant, c’est une technique très peu sensible, l’abondance naturelle de l’oxygène-17 n’étant que de 0.04%. Ceci implique que dans la majorité des cas, l’enrichissement isotopique en 1-yO est nécessaire avant de pouvoir procéder à des analyses haute résolution. Or, les protocoles d’enrichissement étaient jusqu’à récemment peu attractifs, du fait de leur coût très élevé (généralement plusieurs centaines d’euros par synthèse), leur durée (pouvant atteindre plusieurs semaines), et/ou la nature des réactions mises en jeu (impliquant l’utilisation de réactifs ou de dispositifs expérimentaux délicats à manipuler).
Dans ce contexte, nous avons récemment orienté nos recherches vers le développement de voies d’enrichissement alternatives basées sur la mécanochimie. Nous montrerons ici comment l’utilisation de cette technique de synthèse permet d’enrichir en oxygène-17 une variété de composés organiques et inorganiques d’intérêt, de manière simple, rapide, et peu onéreuse. De plus, nous montrerons comment grâce à cet enrichissement, il devient désormais possible de sonder par RMN le voisinage des atomes d’oxygène situés à la surface et aux interfaces de (nano)matériaux, et ainsi accéder à des informations structurales inédites.


Vincent Hardy

Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux (CRISMAT)

1er avril 2021

 

La transition «État de spin / État de valence» dans les oxydes de cobalt

Un type de transition très particulier est observé dans une classe de perovskites de cobalt, impliquant une modification d’états de spin et de valence, ainsi qu’un changement structural, mais sans mise en ordre magnétique. Je présenterai une approche phénoménologique de cette transition, en se basant sur des caractérisations physiques et l’analyse des paramètres cristallochimiques. Un modèle thermodynamique sera ensuite proposé, et la compétition entre cette transition et le ferromagnétisme sera analysée dans la série (Pr1-ySmy)0.7Ca0.3CoO3.


Mathieu Allix

Laboratoire Conditions Extrêmes et Matériaux : Haute Température et Irradiation (CEMHTI)

4 mars 2021

Nouveaux matériaux hors-équilibre par cristallisation du verre ou du liquide fondu

La cristallisation à partir du verre ou du liquide à haute température est une voie de synthèse originale permettant l’élaboration de nouvelles phases cristallines hors-équilibre.

Le contrôle (partiel) des phénomènes de nucléation et de croissance, au moyen de traitements thermiques et de compositions adaptées, permet ainsi de synthétiser des matériaux originaux non accessibles par réaction solide classique. Ces matériaux innovants montrent fréquemment des phénomènes d’ordre et de désordre (micro)structuraux. L’utilisation couplée de techniques de caractérisation telles que la diffraction, la microscopie électronique et la spectroscopie RMN permet alors une description fine et multi-échelle ouvrant la voie vers la compréhension et la maitrise de certaines propriétés observées.