Prix et Lauréats

La Division de Chimie Organique attribue chaque année :

  • Deux prix de thèse Dina Surdin et Henri Kagan (candidature par Nomination)
  • Prix Emergence Marc Julia (candidature directe)
  • Un prix jeune chercheur Jean-Pierre Sauvage et un prix jeune enseignant-chercheur Jean Normant (candidature
    directe)
  • Un prix chercheur/enseignant-chercheur avancé Jean-Marie Lehn (candidature directe)
  • Un prix industriel Yves Chauvin (candidature par Nomination)
  • Le prix de la DCO (candidature par Nomination)

Prix 2021

Prix Dina SURDIN

Charlotte LORTON, née à Saint-Germain-en-Laye en 1992, a obtenu un Master de recherche en Chimie Organique à l’Université Paris-Saclay ainsi qu’un Magistère Physico-Chimie Moléculaire à l’École Normale Supérieure de Paris-Saclay en 2017. Elle a ensuite effectué une thèse en Chimie Organique grâce à une bourse ministérielle, au sein de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles de Gif-sur-Yvette, sous la direction du Docteur Arnaud Voituriez. Ses travaux de thèse s’articulent autour du développement de nouvelles méthodologies en organocatalyse asymétrique redox par les phosphines pour la synthèse de composés cycliques d’intérêt. Au cours de ces trois années, de nombreux substrats ont été investigués afin de mettre au point la première réaction tandem « addition de Michael/réaction de Wittig » catalytique en phosphine et hautement énantiosélective. Il s’est avéré que des dérivés trifluoropentane-2,4-diones couplés aux phosphines chirales HypPhos permettent d’allier réactivité et induction chirale. Ainsi, le premier procédé redox P(III)/P(V)=O hautement asymétrique a pu être développé pour la synthèse de cyclobutènes et de spiro-cyclobutènes fluorés isolés avec des excès énantiomériques atteignant 95%. Après avoir soutenu sa thèse en novembre 2020, Charlotte a intégré l’équipe du Professeur John F. Bower à Liverpool afin de synthétiser de nouveaux complexes d’Or(III) chiraux.

Prix Henri KAGAN

Johanna FREY née en 1993, a intégré l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris après 2 années de Classe Préparatoire aux Grandes Écoles au lycée Kléber de Strasbourg. Au cours de sa troisième année d’école, elle a effectué en double diplôme un Master de Chimie Moléculaire à l’Université Pierre et Marie Curie de Paris. Diplômée en 2016, elle débute alors une thèse au sein de l’équipe du Prof. Françoise Colobert à l’Université de Strasbourg, encadrée par les Drs. Joanna Wencel-Delord et Sabine Choppin. Sa thèse, soutenue en juillet 2020, s’intitule « Couplages C-N atroposélectifs catalysés au cuivre par utilisation d’iodes hypervalents ». Ses travaux ont permis de mettre au point le premier couplage C-N atroposélectif métallo-catalysé, grâce aux sels de diaryliodonium en tant que partenaires de couplage « super électrophiles ». Dans un premier temps, l’utilisation de sulfoxydes chiraux comme inducteur de chiralité a permis de réaliser un couplage atropodiastéréosélectif catalysé au cuivre. Puis, une version atropoénantiosélective a été mise au point grâce à l’utilisation d’un complexe chiral de cuivre, portant un ligand chiral de la famille des bisoxazolines, et à l’ajout d’un acide de Lewis. Elle poursuit actuellement ses recherches en tant que post-doctorante dans l’équipe du Prof. Lutz Ackermann à l’Université de Göttingen.

Prix Marc JULIA

Sophie FEUILLASTRE, née en 1987, a effectué ses études supérieures à CPE Lyon. Titulaire d’un double diplôme d’ingénieur en chimie organique et d’un Master 2 Recherche de l’Université de Lyon en 2011, elle a ensuite préparé une thèse de doctorat à l’Université de Lyon sous la direction du Prof. Olivier Piva. Ses travaux ont porté sur la synthèse totale de molécules à forte valeur ajoutée (nhatrangine A et (+)-guaymasol) et sur le développement de nouvelles méthodes de synthèse basées sur des réactions de métathèse et de chimie radicalaire. Suite à l’obtention de son diplôme de doctorat en 2014, elle intègre le CEA pour un post-doctorat sous la direction conjointe des Drs. Bernard Rousseau et Grégory Pieters pour travailler dans le domaine du marquage isotopique avec les isotopes de l’hydrogène et sur le design de nouvelles molécules pour l’énergie. Début 2016, elle rejoint la société Cortecnet en tant qu’ingénieur chimiste senior et responsable d’équipe pour concevoir la synthèse de molécules marquées au carbone 13 et deutérium pour des applications en imagerie médicale. Elle intègre ensuite le CEA fin 2016 en tant qu’ingénieur chercheur dans l’équipe du Dr. Grégory Pieters pour développer de nouvelles méthodes de deutération / tritiation de molécules d’intérêt biologique mais aussi dans le domaine des matériaux. Elle est impliquée dans des projets collaboratifs nationaux et internationaux et coordonne le projet FET-OPEN FLIX n°862179 (2020-2023) portant sur le marquage isotopique en flux continu.

Prix Jean-Pierre SAUVAGE

Davide AUDISIO est né en 1981 à Cuneo (Italie). Après une maîtrise de Chimie Pharmaceutique (Turin, Italie), il a rejoint la France en 2007 pour préparer un doctorat en chimie médicinale à l’Université Paris-Sud (Châtenay-Malabry), au cours duquel il a développé de nouveaux dérivés de la novobiocine comme inhibiteurs potentiels de Hsp90 sous la supervision des Drs. Mouâd Alami et Samir Messaoudi. En 2010, il a rejoint le groupe du Prof. Nuno Maulide au Max-Planck-Institut für Kohlenforschung (Mülheim an der Ruhr, Allemagne), où il s’est impliqué dans la catalyse asymétrique et le développement de la synthèse énantio- et diastéréosélective de cyclobutènes substitués. En 2012, il a rejoint le département de chimie d’Eli Lilly & Co. (Windlesham, Royaume-Uni), pour travailler sur le développement de candidats cliniques pour les maladies neurodégénératives. En 2014, il a obtenu un poste permanent au CEA (Saclay), et rejoint le groupe du Dr Frédéric Taran, pour développer des thématiques autour de la chimie des hétérocycles mésoioniques et les réactions « click et release ». Depuis 2016, Davide dirige le laboratoire de radiomarquage au carbone 14 (CEA). Ses intérêts de recherche couvrent divers domaines de la chimie organique, notamment les méthodologies de marquage isotopique du carbone, la chimie des composés hélicènes et poly-aromatiques, et le développement de nouveaux outils pour la chimie bio-orthogonale. En 2017, il a obtenu le Prix Jeune Chercheur en chimie médicinale de la SCT (Société de Chimie Thérapeutique) et une bourse ANR-JCJC sur l’utilisation des composés mésoioniques pour la synthèse de molécules poly-aromatiques complexes. En 2019, il a bénéficié d’un financement européen « ERC Consolidator Grant » pour développer un projet de « late-stage radiocarbon labeling ».

Prix Jean NORMANT

William ERB a réalisé l’ensemble de son parcours universitaire à la Faculté des Sciences d’Orsay (Paris XI). Il a ensuite rejoint l’Institut de Chimie des Substances Naturelles pour y préparer sa thèse dans l’équipe du Prof. Jieping Zhu, où il a principalement travaillé sur le développement de différentes approches vers un antibiotique, la lipiarmycine A3, ainsi que sur la mise au point de réactions pallado-catalysées. Il a ensuite effectué plusieurs stages post-doctoraux dans les équipes des Profs. Varinder Aggarwal (Bristol), Janine Cossy (Paris), Jacques Rouden (Caen) et Géraldine Gouhier (Rouen) sur différents sujets tels que l’application de réactions organocatalysées à la synthèse de prostaglandines, la synthèse totale de triterpènes, la chimie des acides boroniques ou encore celle des cyclodextrines. Il a été recruté en 2015 comme Maître de Conférences de l’Université de Rennes 1, dans l’équipe Chimie Organique & Interfaces, où il a soutenu son HDR en 2020. Il travaille notamment sur les thématiques phares de l’équipe du Pr. Florence Mongin concernant l’emploi de réactifs bimétalliques et de réactions catalysées par des complexes de cuivre pour accéder à des composés biologiquement actifs. Il développe également un axe de recherche dédié à la chimie du ferrocène afin d’accéder à de nouveaux dérivés pour des applications, notamment en catalyse ou à l’interface avec la biologie. Il s’intéresse ainsi au développement de nouvelles méthodologies de synthèse et à l’étude de nouvelles familles de ferrocènes présentant soit des groupes fonctionnels originaux soit des motifs de substitution peu, voire non étudiés.

Prix Jean-Marie LEHN

Samir MESSAOUDI a effectué ses études supérieures à l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand. Après un DEA de Chimie obtenu en 2001, il a préparé une thèse au laboratoire SEESIB (Université Blaise Pascal) sous la direction du Prof. Michelle Prudhomme (avec un financement SERVIER) sur la synthèse d’analogues de la rebecamycine, de la staurosporine et de la granulatimide en tant qu’agents antitumoraux. A l’issue de son doctorat obtenu en 2004, il a intégré en tant qu’ATER l’équipe du Prof. David J Aitken où il a travaillé sur la synthèse du fragment sud-est de la microsclerodermine A. Il a effectué par la suite un second stage post-doctoral à l’Université Paris Sud (Faculté de Pharmacie) en collaboration avec les laboratoires Theramex (Merck). Son projet de recherche réalisé dans l’équipe de Chimie Thérapeutique (BioCIS UMR 8076, dirigée par le Prof. Jean-Daniel Brion et le Dr. Mouâd Alami), portait sur la synthèse de nouveaux agents antitumoraux analogues d’anastrozole. Il a intégré le CNRS en 2007 (CR2) au sein de l’unité BioCIS. Ses activités de recherche étaient principalement centrées sur la fonctionnalisation de « châssis moléculaires » hétérocycliques via des couplages organométalliques. Il s’est intéressé également à des projets de chimie médicinale, notamment aux inhibiteurs de la protéine de choc thermique Hsp90, des composés antimitotiques ou des modulateurs de la protéine TCTP pour le traitement des cancers. Il a été lauréat du prix d’encouragement à la recherche en Chimie Thérapeutique de la SCT (2012). Depuis 2013, il a initié une nouvelle thématique autour de la glycochimie et de ses applications. Les principaux objectifs consistent à étudier et comprendre la réactivité des sucres en présence des métaux de transition afin de développer des approches catalytiques innovantes pour leur fonctionnalisation. Plus récemment, il s’est lancé dans l’exploration de nouveaux espaces chimiques tels que les glycopeptides ou les glycopolymères ainsi que dans design de glycomimétiques bioactifs (S- et C-glycosides). Il a été promu Directeur de Recherche en 2017 et co-anime depuis Janvier 2020 l’équipe CosMIT (BioCIS).

Prix DCO

Gilles GUICHARD a étudié la chimie à l’École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse (diplômé 1991), à l’Université de Strathclyde (UK) puis à l’Université de Montpellier (DEA). Il a obtenu son doctorat à l’Université Louis Pasteur à Strasbourg en 1996 pour des travaux en chimie des peptides à l’interface chimie-immunologie, puis a effectué un stage post-doctoral à l’ETH Zürich (Suisse) sous la direction du Prof. Dieter Seebach au cours duquel il a étudié la synthèse et les propriétés de repliement des β-peptides. Recruté comme Chargé de Recherche CNRS à l’Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire (IBMC) à Strasbourg en 1998, il est promu Directeur de Recherche en 2006, et rejoint en 2009 l’Institut de Chimie et Biologie des Membranes et Nanoobjets (CBMN) et l’Institut Européen de Chimie et Biologie (IECB) à Bordeaux ou il créé l’équipe de Chimie Peptidomimétique. Il est aujourd’hui Directeur Adjoint de CBMN, Directeur du Département Sciences et Technologies pour la Santé (STS) de l’Université de Bordeaux et est membre de la section 16 du Comité national de la recherche Scientifique (2017-2021). Il est également cofondateur d’Ureka Pharma, une biotech visant au développement thérapeutique des peptides. Il a reçu le prix Grammaticakis-Neuman de l’Académie des sciences pour ses travaux dans le domaine des foldamères (2019).
Inspirée par les structures et les fonctions des macromolécules biologiques, son activité de recherche porte sur la chimie biomimétique des peptides et des protéines et ses applications en lien avec la biologie (développement de molécules bioactives et d’outils moléculaires pour interférer avec les processus biologiques). La chimie des foldamères, avec la conception et la synthèse de brins moléculaires artificiels aux propriétés de repliement contrôlées, constitue un axe fort de ses travaux. On citera notamment la découverte que des oligomères aliphatiques à jonctions urée se replient pour former des structures secondaires hélicoïdales apparentées aux hélices polypeptidiques. Une partie essentielle de ces travaux repose sur la caractérisation structurale des objets seuls ou en complexes avec des (macro)molécules d’intérêt. Les développements actuels visent à exploiter ces systèmes pour des applications en reconnaissance moléculaire : création d’architectures auto-assemblées, reconnaissance spécifique de surfaces de protéines, transport d’actifs, et catalyse.


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